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La compagnie d'eau en charge de la concession de La Paz-El Alto
(Aguas del Illimani, du nom de l'un des sommets de la Cordillera
Real qui domine la ville) a mené un projet pilote dans le quartier
d'Oro Negro en collaboration avec la mairie, les usagers et le
Water and Sanitation Program de la Banque Mondiale. Il s'agissait
de mettre en place un système
condominial pour la collecte des eaux usées. Ce projet concernait
572 foyers, soit 80% de la population d'Oro Negro. La zone a plus
de 20 ans d'existence, et ses habitants sont originaires de différentes
provinces de Bolivie. Du fait de leurs origines rurales, ils ont
conservé des habitudes de consommation particulièrement
économes.
Initialement, la communauté ne disposait pas des fonds nécessaires
à la réalisation d'un réseau d'égouts,
et la compagnie d'eau n'avait pas de budget prévu pour
l'aménagement de cette zone. Le nouveau système
d'assainissement a pu être mis en place grâce à
une démarche conjointe de la Banque Mondiale et d'Aguas
del Illimani, appuyée par des habitants motivés
et prêts à contribuer aux travaux d'installation. Pour
monter le projet, la population d'Oro Negro s'est organisée
et a été répartie en 25 manzanos (pâtés de maisons), tous
représentés par un leader choisi par les habitants.
Habitants
d'Oro Negro
Chaque manzano était en charge de la planification
des tâches et de la supervision des travaux de connexion des maisons
et des édifices publics. Grâce à ce système, le contrôle et le
suivi du projet est bien meilleur (l'identification des fuites
et des dommages est facilitée), et la population est en
mesure d'assurer la maintenance grâce à la formation
technique d'Aguas del Illimani.
A proximité d'Oro Negro, certaines zones ne sont toujours
pas connectées au nouveau réseau d'assainissement, bien
qu'elles le demandent depuis bientôt 4 ans. A Oro Negro,
tout les habitants sont désormais connectés et ont leurs
propres sanitaires. Depuis la fin du projet, de nombreuses familles
des alentours sont venues s'installer, attirés par les nouvelles
conditions de vie et d'hygiène. En effet, alors que toutes
les eaux usées étaient auparavant rejetées dans la rue, les risques
de contamination ont aujourd'hui fortement diminué.
Teofilo souligne la précarité des conditions d'hygiène avant la
mise en place du condominium. Lui même a perdu un de ses huit
enfants, emporté par une épidémie due à l'insalubrité
du quartier. On peut toutefois se demander si cette explication
ne lui a pas été inspirée par le travail de sensibilisation et
d'éducation réalisé au cours du projet.
Teofilo
trouve l'eau très chère, en particulier à cause de l'incertitude
de ses revenus ; il n'a pas de profession fixe et vit de travaux
ponctuels. Il dit payer chaque mois entre 12 et 15 B$ (entre 13
et 17 FF) pour sa facture d'eau, et entre 20 et 25 B$ (entre 22
et 28 FF) pour sa facture d'électricité. Néanmoins,
le bon fonctionnement du projet l'a convaincu de la nécessité
de consommer suffisamment d'eau, et de respecter les règles
d'hygiène élémentaires.
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