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La Surintendance des services de base est un organisme
indépendant du Gouvernement, et représente l'Etat dans le contrat
unissant ce dernier à la compagnie d'eau (AISA, ou Aguas del Illimani,
filiale de Suez Ondeo). Alors que le Gouvernement détient
le pouvoir normatif, la Surintendance est en fait l'organisme
de régulation.
Monica
est chargée de recevoir les plaintes des usagers ; la Surintendance
invite d'abord les plaignants à régler leur conflit directement
avec AISA, avant de servir de dernière instance si le conflit
persiste. Le problème principal de l'AEP (Approvisionnement en
Eau Potable) en Bolivie est que seules les grandes villes ont
accès à l'eau potable, car le coût de la connexion est très
élevé pour la population. Parallèlement, le Gouvernement ne
mène aucune politique durable pour faciliter cet accès.
Il
est essentiel de comprendre que les populations péri-urbaines,
issues de l'exode rural, conservent des coutumes arriérées en
matière d'eau et d'assainissement. Souvent, les conséquences en
termes de salubrité et de santé publique sont catastrophiques.
Malheureusement, le Gouvernement ne dispose d'aucun programme
destiné à éduquer ces populations et à casser
les habitudes rurales.
Selon
Monica, le programme mis en place à El Alto grâce
à une collaboration entre la Banque Mondiale et AISA favorise
davantage une formation technique qu'une véritable éducation des
populations. D'après elle, les habitants ne veulent toujours
pas se préoccuper des problèmes d'assainissement, notamment car
certaines coutumes religieuses entravent la mise en place de nouveaux
systèmes. Ainsi
par exemple dans les campagnes, au moment de la construction d'une
nouvelle maison ou d'un nouveau bâtiment, on doit payer un tribut
à la "Pachamama", la terre nourricière,
sous la forme d'un sacrifice. Or les installations d'assainissement
récentes ne sont pas construites selon ce rite, et la population
refuse donc de les utiliser.
Tous les 5 ans, le tarif de l'eau est renégocié (le contrat de
concession vaut pour une durée totale de 40 ans). Cette
année (fin du premier quinquennat), les tarifs vont devoir être
augmentés du fait de l'insuffisance de la consommation d'eau.
Monica se montre très inquiète quant à la volonté et à
la capacité des populations à payer cette augmentation. La
situation s'oriente-t-elle vers une nouvelle crise sociale ?
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