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La petite ville de Pietermaritzburg est située à
une centaine de kilomètres de Durban. Elle sert de cadre
à un projet de type BPD (Business
Partners for Development), qui implique Vivendi Water South Africa
(représentant le secteur privé), les services municipaux
de la ville (représentant le secteur public), et l'ONG
sud-africaine MVULA Trust.
Les responsabilités de Longisani au sein de la municipalité sont
multiples :
-
Il est en charge des question de santé et de sécurité pour le
département technique ;
- Il est responsable des questions administratives et de ressources
humaines au sein de ce département ;
- Il participe à l'élaboration de la politique salariale et à
la résolution des questions syndicales ;
-
Au sein du programme BPD, il intervient en tant qu'intermédiaire
("facilitateur") entre la municipalité et les communautés.
Longisani
travaille en particulier sur la zone pilote d'Ashdown. Le cas
de Pietermaritzburg est un exemple classique de coopération tripartite,
et illustre bien les difficultés inhérentes à ce type de
partenariat :
- Le manque de clarté dans la définition des
rôles de chaque acteur. Par
exemple, les communautés ont tendance à percevoir le secteur public
et le partenaire privé comme des pourvoyeurs de fonds, et à entretenir
cette situation de dépendance. Selon Longisani, il est essentiel
que tous les partenaires travaillent ensemble sur la base d'une
stricte égalité ;
-
Le manque de coordination au début du projet ;
-
La résistance au changement, à deux niveaux principalement
: 1) la difficulté d'imposer aux politiques locaux
une nouvelle façon de travailler, qui intègre la
consultation et la participation des communautés lors des décisions
2) la
difficulté de changer la mentalité des populations des "townships",
habituées à l'opposition systématique
au pouvoir politique et à la revendication de leurs droits.
Pourtant,
au total, l'expérience est positive. Longisani affirme qu'il
est essentiel mais difficile d'intégrer le secteur privé dans
des projets d'intérêt public, qui sont habituellement du ressort
du gouvernement. En effet, les communautés comme les ONGs considèrent
que le secteur public dispose des ressources nécessaires pour
remplir cette mission, or ce dernier est endetté et n'a pas la
capacité d'assurer correctement la fourniture dles services de
base, même s'il en a la volonté.
Longisani
rappelle que dans la décennie qui à suivi l'abolition de l'apartheid,
l'ANC avait déjà beaucoup participé à l'amélioration
de la condition des communautés noires. Le gouvernement avait
alors concentré son action sur l'installation des services de
base (éducation, santé, eau potable) aux populations rurales et
périurbaines les plus pauvres. Aujourd'hui, ces populations réclament
toujours plus de la part des politiques, L'introduction du
secteur privé doit permettre de faire face à ce problème de ressources.
Vue
de la partie "formelle" d'un township
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Eau
et organisation des townships
L'organisation d'un township diffère de l'organisation
des communautés rurales. Un village est doté d'un chef, appelé
"amakhosi", placé lui-même sous l'autorité du roi
de la tribu à laquelle la population du village appartient.
Le chef, dont le
pouvoir est héréditaire, dispose à la fois d'un pouvoir législatif
et d'un contrôle sur la propriété de la terre. Historiquement,
la plupart des zones rurales sont "pro-Endekata" (parti
politique), mais ce choix était imposé durant l'apartheid. C'est
pourquoi aujourd'hui, le pouvoir de l'Endekata diminue au fur
à mesure que les populations prennent conscience qu'elles peuvent
voter librement. Dans le township, le pouvoir est démocratique.
Les comités de quartiers ("ward committees", qui
ne sont normalement pas des organes politiques) ont remplacé les
comités de développement. Ces comités sont présidés par un "councillor",
élu par la population du township. Avec la réforme de juillet
2001, qui intègre les zones rurales et périurbaines au sein de
la municipalité, on risque de voir apparaître un conflit entre
l'autorité des amakhosis et celle des councillors.
Le moyen d'éviter ce conflit est d'attribuer à ces deux autorités
des rôles bien distincts.
Aujourd'hui, les
councillors doivent s'attacher à faire évoluer les comportements
et les mentalités des populations, notamment en ce qui concerne
l'instauration d'une réelle culture de paiement des services
de base. Selon Longisani, les populations des townships
ont conscience du coût de ces services, mais demeurent réticentes
à payer. Au contraire, les populations rurales considèrent encore
bien souvent l'eau comme un service gratuit. Il insiste sur
le fait que les programmes d'éducation des populations ne doivent
pas seulement aborder la notion du prix de l'eau, mais doivent
proposer un cadre de compréhension plus général de l'eau et du
service qui lui est associé.
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