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Les premières habitations
de Cato Crest remontent aux années 40. Pendant les années 50 et
les évènements violents qui se déroulaient en Afrique du Sud,
le gouvernement a tenté, sans réel succès, d'expulser ces populations.
Les squatters se sont multipliés à Cato Crest, en particulier
à la fin des années 80. C'est en 1990, avec l'extension de la
ville de Durban, que les autorités se penchent vraiment sur le
cas de Cato Crest. A cette époque, la population n'est pas approvisionnée
en eau, et les usagers doivent soit s'en procurer dans les zones
formelles alentours, soit s'approvisionner à des points d'eau
disposés le long de la route principale.
Durban Metro Water
Services (DMWS, l'opérateur d'eau à Durban) a ensuite décidé
d'installer dans la zone des bornes fontaines, tenues par un fontainier.
Ce dernier devait assurer une présence de 6h à 18h, et collecter
les paiements des usagers. Pour éviter toute corruption, il versait
une garantie initiale de 200 rands (environ 200 FF) à la compagnie
et touchait une commission sur les ventes. Mais ce système n'était
pas viable à long terme.
Aujourd'hui, Cato
Crest compte 372 habitations (dans la partie informelle), soit
près de 2000 personnes. Eric T. SIMELAENE, 51 an, est l'un
d'entre eux.
Eric
et ses filles devant leur maison à Cato Crest
Eric est arrivé
à Cato Crest en 1991. Avant de se lancer dans la construction
de sa propre maison, il a vécu cinq ans sous une tente avec ses
deux filles et sa femme aujourd'hui décédée. A l'époque il était
camionneur, mais un léger handicap dû à un accident de la
route l'empêche désormais de conduire… Grâce aux 4 600 Rands qu'il
gagnait chaque mois (environ 4 600 FF), il a pu construire sa
maison. Pour l'instant, Eric habite toujours la zone informelle
de Cato Crest, mais nombre de ses voisins ont déjà été relogés
dans la zone formelle, nouvellement créée dans le cadre des programmes
de l'administration en charge du logement. Eric ne souhaite
pas déménager et son départ n'est pas à l'ordre du jour. En 1998,
il a effectué conjointement des démarches pour que la zone puisse
disposer de l'électricité (en particulier pour améliorer
la sécurité du quartier la nuit), du téléphone et de travaux sur
la voie publique.
Le seul service
de base disponible est l'eau. Avant 1992, Eric devait s'approvisionner
à une borne fontaine distante de 2,5 Km. Parmi les différents
niveaux de service, la compagnie a depuis décidé d'équiper la
zone de "ground tanks" (réservoirs au
sol), et Eric est désormais identifié comme le client CC
1627 chez DMWS... Il dispose d'un réservoir de 200 litres installé
à l'extérieur de la maison (pour des problèmes de place),
et ce réservoir se remplit toutes les nuits. Eric a
du réaliser lui-même une partie des travaux (creuser
une tranchée sur une vingtaine de mètres et installer le réservoir
avec le matériel fourni par DMWS). Ce réservoir repose sur des
pneus en caoutchouc pour l'isoler du sol. Sa capacité réduite
de 200 litres permet d'autre part que l'eau reste de bonne qualité.
Cette connexion lui a coûté en tout 150 Rands (environ 150 FF),
payables 9 Rands / mois sur un an et demi. Depuis la "free
water policy" (gratuité des six premiers mètres
cubes de la facture mensuelle), sa consommation ne lui coûte plus
rien : avec sa famille, il n'excède pas 200 litres / jour (soit
6m3 / mois).
Son eau lui sert
essentiellement pour l'hygiène et les tâches ménagères,
mais aussi pour les travaux de sa maison ! Il affirme qu'elle
est d'excellente qualité, c'est la même que celle du centre ville.
Le service de la compagnie est excellent, la moindre fuite signalée
est réparée dans la semaine. Aujourd'hui, ses deux principaux
souhaits seraient de disposer d'un compteur pour contrôler sa
consommation, et de pouvoir déplacer son réservoir à l'intérieur
de sa maison, principalement pour des raisons de sécurité. En
effet, il se plaint de la visite de passants ou de délinquants
qui se servent chez lui ! Il est impossible de réagir, car les
jeunes de ce quartier consomment drogue et alcool, et sont donc
souvent armés... Enfin, Eric souligne sa très bonne relation
avec Dominique, l'agent de liaison
de DMWS, devenu un ami au fil des années.
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