Dans les citernes voûtées des Sabil-Kuttab du Caire, des siècles d'histoire...

Traditionnellement, les passants ont la possibilité de se désaltérer dans la rue auprès d'une Sabil, qui prend la forme d'une fontaine ou d'un robinet. La Sabil est souvent accollée à une Kuttab (une école coranique). Les fidèles peuvent alors obtenir, selon les propres paroles du Prophète, "de l'eau pour les assoiffés et de la nourriture spirituelle pour les ignorants". En construisant une Sabil-Kutab, les riches pouvaient se racheter de leurs fautes.

La Sabil de Mohamed Ali est en restauration depuis déjà quelques années. Aucun réservoir n'avait été repéré sous ses fondations, jusqu'à ce que l'équipe de restauration de Ibrahim Mohamed MOUSTAFA ne découvre en août dernier l'immense citerne qui s'étendait sous la quasi-totalité du bâtiment. D'une profondeur de 11 mètres, cet édifice voûté datant de la fin du XIVème siècle accueillait les eaux du Nil.

 

 



Voûte de la citerne de la Sabil Mohamed Ali


Piliers de la citerne


Coupe verticale de la citerne
et plan de la Kuttab
 
Les Sabil Kuttab illustrent l'idée, profondément ancrée dans les mentalités de l'Egypte musulmane, selon laquelle l'eau ne peut être monayée, sa gratuité étant d'ailleurs énoncée dans le Coran. Si les égyptiens d'aujourd'hui paient un forfait non négligeable pour bénéficier des services d'approvisionnement en eau, la culture de partage de ce bien reste forte. Symbolisée par le Nil, craint pour ses caprices et vénéré pour sa puissance, l'eau est au coeur des représentations culturelles et religieuses en Egypte.

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