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Si
l'eau est par excellence le liquide universel parce qu'élément
de survie, elle a aussi occupé et continue d'occuper une place
essentielle dans les cultures et les religions de nombreuses
civilisations (cf. une de nos
découvertes en Egypte...). Ce lien au sacré a nourri,
dans de multiples parties du monde, le sentiment que l'eau est
un don de la nature dont on pouvait user sans précaution.
Mais
l'eau pure, l'Or Bleu, devient une source rare et convoitée.
L'eau est désormais "un patrimoine d'humanité à gérer en habitudes
responsables d'une planète délicatement marquée de bleu au coin
de la froide indifférence terrestre ". Nous sommes tous solidaires
d'un écosystème fragile aux ressources limitées et inégalement
distribuées, dont dépend notre survie - faut-il le rappeler
? Oui, il semble qu'il faille le rappeler, mais il faut encore
le vivre, vivre avec cette certitude en tête: l'eau
n'est plus une ressource inépuisable, on ne peut plus l'utiliser
comme on la gaspillait, il faut changer.
Que
pouvons-nous faire ? La question vaut pour tous, populations
des pays développés, peuples des pays en développement, Princes
de l'Or Bleu qui la distribuent, usagers vers qui l'eau va ou
qui doivent aller vers elle.
L'idée
seule de rareté fait son chemin. Mais de l'expert qui s'inquiète
d'une crise mondiale de l'eau au consommateur qui chaque jour
ouvre son robinet ou va à la rivière, la route est longue. Comment
mieux gérer la ressource bientôt plus rare que pure ?
La
communauté internationale a débuté sa prise de conscience il
y a une trentaine d'année et veut préférer aujourd'hui une approche
dynamique pour gérer nos ressources appauvries en eau. L'expérience
montre en effet que la gestion de l'eau doit impliquer tous
ses usagers, particulièrement les femmes et les enfants, aussi
bien que les planificateurs et décideurs de tous les niveaux.
La Vision Mondiale de l'Eau pour le XXIème siècle, qui fédère
la communauté internationale, se fonde ainsi sur le principe
d'une approche pluridisciplinaire pour gérer l'eau. Elle
veut enclencher un processus participatif de la société civile,
avec une importance particulière accordée aux femmes, qui partout
sont au centre des tâches et des corvées liées à l'eau.
C'est
l'éducation qui sous-tend en premier lieu l'implication des
usagers. Elle est primordiale pour promouvoir des valeurs
et des modes de vie plus adaptés à la stabilité durable d'un
environnement. En France, les Agences de l'Eau mènent
depuis près de 15 ans des programmes de formation et d'information
pour un public d'écoliers, de lycéens et d'étudiants. Dans cette
stratégie, la place d'honneur est réservée aux jeunes car ils
sont les acteurs de demain et un relais privilégié vers leurs
parents.
Dans
la même lignée, la Charte Sociale de l'Eau (née
de travaux conduits par l'Académie
de l'Eau) insiste sur la nécessaire prise en compte de la
demande exprimée par les utilisateurs des pays en développement
pour bâtir des projets qui ne soient pas des Eléphants Blancs,
inutilement surdimensionnés et onéreux. Raymond Jost parle d'une
"privatisation sociale" de l'eau reposant sur la capacité des
milieux populaires à s'organiser pour prendre en charge une
partie du service.
Mais
à quel niveau et dans quelle mesure le citoyen peut-il et doit-il
intervenir dans la politique de l'eau ? Dans sa définition
? Dans son suivi ? Faut-il contractualiser la collaboration
des usagers avec les pouvoirs publics et le secteur privé ?
Des
questions qui doivent permettre d'imaginer comment une nouvelle
politique de l'eau pour le XXIème siècle s'appuiera sur les
usagers, pour éviter que nos vieilles habitudes concernant l'eau
ne nous étranglent... Pour y parvenir, un important effort de
communication reste à accomplir, et peut-être
les médias ont-ils un róle important à
jouer ?
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