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Business Partners
for Development (BPD) est une initiative qui regroupe des projets
pour l'étude et la promotion d'exemples de partenariats stratégiques.
Ces partenariats impliquent des industriels, des représentants
de la société civile et des institutions gouvernementales travaillant
ensemble pour le développement des communautés à travers le monde.
L'idée du BPD est de faire converger les intérêts à long terme
des industriels avec les objectifs de la société civile et des
gouvernements. Les partenariats tripartites peuvent en effet créer
des environnements sociaux et financiers stables qui favorisent
le développement. Le BPD cherche ainsi à démontrer que ces partenariats
:
1) répondent aux
intérêts des trois acteurs ;
2) peuvent se multiplier à travers le monde ;
3) ont vocation
à prendre des dimensions nationales ou régionales.
"AQUA tu penses
?" a travaillé avec les équipes du BPD, en Bolivie
et en Afrique du Sud.
Le projet de Durban en Afrique du Sud est un exemple de réussite
de ce type de partenariats. Patrick Rousseau et Eric
Tranchant représentent Vivendi Water dans une collaboration
entre l'opérateur français, MVULA Trust (la plus importante ONG
sud-africaine dans le domaine de l'eau) et la municipalité de
Durban.
Interview
de Eric Tranchant, Vivendi Water South Africa
L'initiative lancée
par Vivendi Water au sein du BPD (KwaZulu Natal Project) a pour
vocation d'être dupliquée dans d'autres pays du continent africain,
sur la base de l'expérience et de l'apprentissage acquis. Ainsi,
l'initiative devrait servir de modèle à la fois pour être appliquée
dans les concessions de Vivendi existantes (Kenya, Burkina Faso
par exemple), et pour être proposée dans les futurs appels d'offres.
La construction du réseau d'approvisionnement en eau dans les
townships est intégrée à la politique de développement urbain
des municipalités, et précédée par la légalisation de la propriété
selon le schéma suivant :
La qualité de l'habitat
dans les townships est très médiocre (surface d'environ
15m2) car les promoteurs investissent beaucoup plus dans les infrastructures
de transport. Avec l'habitat en dur construit par les promoteurs,
légal et généralement ancien (une cinquantaine d'années) coexistent
des habitations informelles encore plus précaires, occupées
par les squatters. Traditionnellement, les townships sont
gérés par le gouvernement de la Province. Le manque de ressources
financières dont ces gouvernements disposent, doublé d'un
faible taux de recouvrement des factures (hérité du boycott des
services pratiqué par les populations noires durant l'apartheid)
expliquent à la fois :
1) les importantes
pertes en eau ;
2) l'engorgement du réseau d'assainissement.
En revanche, la
continuité de l'approvisionnement en eau est assez bien assurée.
Une "politique d'eau gratuite" (approvisionnement gratuit pour
les 6 premiers KL / mois) a été mise en place au niveau national.
Déjà appliquée à Durban, elle sera appliquée à Pietermaritzburg
à partir de janvier 2002. Alors que l'eau est facturée à la
consommation, l'assainissement représente une charge fixe pour
l'usager.
Dans les zones
les plus pauvres, il existe encore des bornes-fontaines publiques,
qui sont amenées à disparaître au profit des connexions individuelles.
Il faut comprendre la culture du non-paiement de l'eau qui
existe en Afrique du Sud comme faisant partie d'une dynamique
communautaire développée pendant l'apartheid, commandant le refus
d'obéissance au gouvernement blanc. Le "boycott des services",
à savoir le refus de payer, s'intègre dans cette dynamique. Les
leaders politiques à la tête de cette mouvance pendant l'apartheid
ont accédé au pouvoir aujourd'hui. Il est donc maintenant délicat
pour ces derniers de justifier la nécessité de faire payer l'eau
auprès des usagers.
L'eau a été revendiquée
et est désormais perçue comme un bien vital dont on ne peut priver
la population. Ceci explique l'importance de la consommation dans
les townships, en moyenne de 30 m3 par mois et par foyer
de 5 ou 6 personnes. C'est pourquoi notre action est en particulier
tournée vers l'éducation, passage obligé pour dépolitiser l'eau
et informer la population.
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