Ada travaille au sein de l'ONG Enda Brésil. Cette organisation internationale travaille sur trois programmes dans les zones nord et nord-ouest de Rio (quartiers les plus pauvres de la municipalité) :

- Un programme d'éducation communautaire, dont l'axe principal est l'alphabétisation et l'aide aux enfants en difficulté scolaire ;
- Un programme de restructuration du tissu social (théâtre interactif, cinéma sur place), avec pour objectif de reconquérir la rue, qui est devenue le territoire des trafiquants, notamment le soir.
- Un programme d'économie solidaire, avec la création d'une association de femmes de 35 personnes dans un complexe de favelas (utilisation du micro-crédit comme un outil de réintégration). Ce dernier programme constitue un second stade dans la réintégration des populations défavorisées des favelas.

Comme le souligne Ada, le développement est un puzzle, dont les parties sont multiples : santé, eau, économie, micro-crédit, etc. En matière d'eau, le rôle de l'ONG est d'aider à tester et à mettre en place de nouvelles méthodologies d'organisation communautaire. Elle a donc d'abord un rôle de facilitateur, et d'intermédiaire.

Dans la municipalité de Rio de Janeiro, la municipalité a recensé 700 favelas qui regroupent près de 25% de la population. Aujourd'hui, les inégalités s'accroissent, dans le contexte d'un phénomène de paupérisation de la classe moyenne. Ainsi, par exemple, une partie de la classe moyenne de Botafogo (un des quartiers aisés de la ville), déménage progressivement vers les favelas.

Dans les favelas de Rio, le défi majeur est d'amener l'eau dans des zones de montagnes. Dans la plupart de ces favelas, comme celle de Vidigal, l'eau n'est amenée que jusqu'à l'entrée de la favela. Mais dans des favelas comme Rocinha, plus " riches " et plus anciennes, il existe déjà des accès à l'eau plus nombreux. Dans tous ces quartiers populaires, les gangs de la drogue définissent les différents pouvoirs et les règles sociales qui organisent le quartier et régissent la vie des habitants. Pour contenir la violence, plusieurs possibilités se présentent :

- La création d'associations de quartier (ces associations représentent un nouveau mode d'organisation destinées à aider les communautés à se prendre en charge et échapper au pouvoir des trafiquants) ;
- Le financement de projets sociaux par des organismes extérieurs qui souhaitent éviter les explosions sociales. Ainsi, le lycée français, se situant devant la favela Moro do Pereirão, a financé en partenariat avec la BID le projet " Favela quartier " (projet d'intégration urbaine et sociale de la favela),

Mais Ada dit parfois ne pas comprendre les priorités du gouvernement de l'Etat… Le Ministère de l'Education dépense des sommes colossales dans un projet de téléenseignement à distance, alors que les 25% d'analphabètes exigeraient plutôt des mesures d'urgence ! Heureusement, le tableau n'est pas que négatif : il y a aujourd'hui au Brésil un mouvement de " responsabilité sociale ", par lequel les entreprises s'associent pour financer des projets sociaux, en contrepartie d'avantages fiscaux concédés par le gouvernement.

 

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